MACHINES

  Un docu-fiction qui joue avec les sonorités que produisent les machines de chantier et rencontre des femmes qui conduisent ces engins

    /// Audrey Bersier, Maxine Reys

    Création sonore lauréate de l’appel à projet de Radio Bascule (Théâtre Forum Meyrin) – 2021

DES MONSTRES EN VILLE

« MACHINES » est une fiction documentaire sur l’imaginaire que produisent les sonorités des machines de chantiers urbains. En mêlant des témoignages de femmes qui conduisent ces machines, et des sonorités distordues des grues, pelleteuses et autres engins, nous souhaitons donner un aperçu fantasmagorique de ces monstres qui peuplent nos villes. 

           

 « JE VEUX CREUSER »

 

 À voir le nombre de personnes qui lèvent leurs yeux de leur téléphone quand les ouvriers s’affairent sur les rails d’une station de train, on peut se dire que les chantiers fascinent. Il est troublant d’apercevoir des formes humaines derrières des étincelles de meuleuse. Passer sous une grue donne le vertige, les regards se détournent. Les grues transforment les échelles, les rapports à l’espace. En les écoutant, on se met à entendre des polyphonies anciennes et futuristes, qui semblent étrangement familières. La nuit, quand les machines sont laissées à l’abandon, une poésie un peu nostalgique émane d’elles. Comme si, enfin dégagées de leur charge destructrice, elles ne savaient plus trop quel rôle jouer. Ou alors, sont-elles simplement en grève ? 

 

« JE ME SENS PUISSANTE »

 

Que produisent sur nos imaginaires ces engins urbains qui oeuvrent jours et nuits sur les chantiers ? Qu’est ce que les machines nous apprennent de notre rapport au contrôle, à la volonté de puissance et à la destruction de la nature ? Les machines sont-elles érotiques ?

En regardant de plus près les chantiers, on voit ces machines contrôlées par des hommes, et on se dit : zut, j’aimerais bien moi aussi, en tant que femme, avoir la maîtrise de si gros engins. Non pas que nous envions un travail harassant, risqué et sous-payé ; mais nous envions la symbolique qui se loge en creux, celle de la maîtrise d’engins magiques, démesurés, monstrueux.  

Un voyage sonore enregistré au micro binaural, à écouter au casque 🙂

Conception, réalisation et montage :

  Audrey Bersier, Maxine Reys

Avec les voix de :

Christelle, Delphine, Franciska, Monique

et les apparitions de Cécile et Sarah

Une production Pintozor, réalisée avec le soutien de Radio Bascule et du Théâtre Forum Meyrin